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Musique pour montage vidéo : les sources fiables et ce que couvre la licence

23 min de lecture
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L'équipe Le Cut

TL;DR : Douze catalogues de musique tiennent la route pour un montage vidéo, et nous avons ouvert chacun d'eux avant d'en parler. Côté gratuit : Pixabay Music, la bibliothèque audio YouTube, Auboutdufil, Free Music Archive, Jamendo, Mixkit et Incompetech. Côté payant : Artlist, Epidemic Sound, Musicbed, AudioJungle et Uppbeat. Les deux tableaux ci-dessous donnent pour chacun le lien, la licence annoncée et le point exact à contrôler avant de poser la piste : usage commercial autorisé, attribution exigée, travail client couvert. Reste un sujet que les listes de sites passent sous silence. Une licence de banque couvre l'intégration au montage et la diffusion en ligne, sans couvrir nécessairement les redevances dues aux sociétés de gestion collective quand la vidéo est diffusée en public. En France, ces redevances relèvent de la SACEM pour le droit d'auteur et de la SPRé pour la rémunération équitable, et l'article L214-1 du Code de la propriété intellectuelle les met à la charge du diffuseur. Si vous préférez confier ces arbitrages à quelqu'un dont c'est le métier, nos monteurs vidéo freelance sont là pour ça.


Où trouver de la musique pour un montage vidéo : les sources

Nous avons ouvert chacun des sites ci-dessous en août 2026 pour vérifier trois choses : qu'il s'agit bien d'un catalogue musical, quelle licence il annonce, et si l'usage commercial y est autorisé. Deux noms qui reviennent partout dans les listes ne figurent donc pas ici. PremiumBeat, dont le site refuse toute consultation automatisée, ce qui nous a empêchés de vérifier quoi que ce soit. Et Artgrid, qui vend de la vidéo d'archive et dont les entrées « Music » et « Sound Effects » renvoient vers Artlist.

Les catalogues gratuits

Ce que c'est
Plus de 270 000 titres, sans compte payant
Licence annoncée
Une licence maison, la Content License : « Use Content without having to attribute the author »
À vérifier avant de poser la piste
Les usages interdits que la licence énumère : redistribuer un titre quasi inchangé, l'utiliser comme marque ou nom commercial, en faire un usage trompeur
Ce que c'est
Catalogue de musique et de bruitages intégré à YouTube Studio
Licence annoncée
Deux licences coexistent : la licence maison YouTube et des licences Creative Commons
À vérifier avant de poser la piste
La licence de la piste choisie. YouTube écrit qu'un titre Creative Commons impose d'indiquer le nom de l'artiste, quand sa licence maison « ne nécessite pas d'attribution »
Ce que c'est
Catalogue francophone, plus de 300 titres classés par genre et par humeur
Licence annoncée
Creative Commons, variable piste par piste
À vérifier avant de poser la piste
Les deux pictogrammes affichés sur chaque fiche : « Usage commercial » et « Crédits obligatoires ». Le site résume sa règle ainsi : « La seule condition est de pouvoir citer l'auteur »
Ce que c'est
Archive historique de musique indépendante
Licence annoncée
Toutes les variantes Creative Commons, de CC BY à CC BY-NC-ND, plus du CC0
À vérifier avant de poser la piste
La variante exacte de la piste. Le site demande de contrôler quatre points : usage commercial autorisé, mode d'attribution, droit de modifier l'œuvre, obligation ShareAlike
Source
Jamendo
Ce que c'est
Plus de 65 000 artistes, avec deux portes d'entrée : l'écoute gratuite et Jamendo Licensing pour l'usage commercial
Licence annoncée
Creative Commons côté gratuit, licence payante côté Licensing
À vérifier avant de poser la piste
Jamendo écrit que ses licences CC accordent « the right to distribute the copyrighted work worldwide for non-commercial purposes, and without modification ». Un projet client passe donc par Jamendo Licensing
Source
Mixkit
Ce que c'est
Musique et bruitages gratuits, sans création de compte
Licence annoncée
Une licence maison royalty-free : « Attribution is appreciated but not required »
À vérifier avant de poser la piste
Les exclusions écrites dans la licence : ni CD, ni DVD, ni jeux vidéo, ni diffusion TV ou radio
Ce que c'est
Le catalogue de Kevin MacLeod, très présent sur YouTube
Licence annoncée
Deux options : une licence Creative Commons gratuite qui « requires that you credit the music », ou une Standard License payante
À vérifier avant de poser la piste
Le crédit exact à recopier dans la description. La Standard License payante existe pour les projets « where attribution is not wanted or is impossible », par exemple une publicité radio

Les catalogues payants

Source
Artlist
Modèle
Abonnement annuel
Ce que la licence annonce
Deux paliers, Social et Pro / Business. Le catalogue est présenté comme couvrant « any kind of project, from social media to commercial use worldwide »
À vérifier avant de poser la piste
Le palier. Seul le Pro / Business mentionne le travail client, les vidéos sponsorisées et le broadcast. Repère chiffré relevé le 10 août 2026 : 299 € par an pour le palier couvrant le travail client
Modèle
Abonnement mensuel ou annuel
Ce que la licence annonce
Téléchargements et usages illimités sur toutes les formules, sans coût additionnel à la publication
À vérifier avant de poser la piste
Le palier, là encore : le site écrit que les campagnes publicitaires supposent une formule « Pro or Enterprise »
Source
Musicbed
Modèle
Abonnement ou licence achetée au projet
Ce que la licence annonce
Catalogue très filtré, 70 000 titres, orienté agences et sociétés de production
À vérifier avant de poser la piste
Le périmètre de la licence achetée, projet par projet, et ce que couvre exactement son service de levée de revendications SyncID
Modèle
Achat au titre, une licence par production
Ce que la licence annonce
Cinq licences distinctes : Music Standard, Music Broadcast (1 Million), Music Mass Reproduction, Music Broadcast (10 Million), Music Broadcast & Film
À vérifier avant de poser la piste
Une licence ne couvre qu'une seule production finale. Une diffusion TV impose une licence Broadcast, calibrée sur la taille de l'audience
Source
Uppbeat
Modèle
Formule gratuite limitée, puis abonnement
Ce que la licence annonce
La formule gratuite donne 3 téléchargements par mois et un quart du catalogue, sous une licence « for individuals »
À vérifier avant de poser la piste
Le palier Pro est le seul dont la licence étendue mentionne « Organizations of any scale, Digital ads, Client content ». Vérifiez aussi si votre formule impose de créditer l'artiste

Deux critères départagent ces catalogues pour un monteur professionnel, et aucun des deux ne figure sur la page tarifs : la perpétuité des projets publiés après la fin de l'abonnement, et la mention explicite du travail client dans la licence. Les deux se lisent dans le contrat. Notre avis détaillé sur Artlist montre l'écart que cela peut créer avec le prix d'appel.

Une dernière source n'a pas d'adresse et ne figure dans aucun tableau : le domaine public. Les compositions anciennes y sont libres, leur enregistrement moderne beaucoup moins, et c'est un piège que nous détaillons plus bas.

Quelle musique choisir selon le format

Le catalogue ne fait pas le choix à votre place. Le format, lui, en cadre déjà une bonne partie.

Ce qui fonctionne
Tempo élevé, accroche musicale dans les deux premières secondes
Le réflexe à avoir
La piste porte le rythme des coupes : choisissez-la avant de monter
Ce qui fonctionne
Nappes discrètes, peu de mélodie, rien qui vienne lutter avec la voix
Le réflexe à avoir
Déclarer sa chaîne chez son fournisseur avant de publier
Ce qui fonctionne
Montée progressive et un vrai point culminant, à caler sur l'image la plus forte
Le réflexe à avoir
La projection en salle relève de la diffusion publique, à cadrer au devis
Format
Vidéo d'entreprise, film corporate
Ce qui fonctionne
Instrumental sobre, sans signature sonore trop marquée
Le réflexe à avoir
Le palier d'abonnement doit couvrir le travail client et la publicité payante

Deux erreurs reviennent tout le temps. Prendre le titre à la mode du moment, qui datera la vidéo dans six mois. Et poser une piste chantée sous une voix off, ce qui rend les deux inaudibles.

Comment mettre de la musique sur un montage vidéo : la méthode

Six gestes suffisent, dans cet ordre.

  1. Choisissez la musique avant de monter. Le tempo dicte le rythme des coupes. Monter d'abord puis chercher un titre qui « colle » revient à remonter la moitié de la timeline.
  2. Posez la musique sur une piste dédiée et calez son premier temps fort sur le premier plan qui doit frapper. C'est le point d'ancrage de tout le montage.
  3. Coupez sur les temps (le cutting on beat), sans y aller mécaniquement. Caler chaque coupe sur chaque temps produit un résultat épuisant. On cale les transitions structurantes, on laisse respirer entre les deux. La technique est détaillée dans notre guide de l'aftermovie, format où elle est la plus visible.
  4. Faites plonger la musique sous la voix. Dès qu'il y a de la parole (interview, voix off, podcast), la musique passe nettement en arrière-plan, avec un fondu automatique déclenché par la voix (le ducking). Une musique qui lutte avec la parole rend la vidéo illisible.
  5. Travaillez les entrées et les sorties. Un fondu d'entrée court, une fin qui retombe sur un temps plutôt qu'une coupure sèche au milieu d'une mesure. C'est le détail qui distingue un montage soigné.
  6. Vérifiez au casque et au haut-parleur. Les basses d'une musique qui semblent équilibrées au casque écrasent souvent la voix sur un téléphone.

La logique générale du montage vidéo s'applique ici comme ailleurs : la musique porte la narration autant que l'image. Elle change selon le format, du rythme serré d'un montage court à la nappe discrète d'une vidéo corporate, en passant par le contrepoint d'un plan de coupe bien placé.

Ce que « libre de droit » veut vraiment dire

« Libre de droit » est probablement l'expression la plus trompeuse du vocabulaire vidéo, et elle est partout dans les résultats de recherche.

Elle traduit l'anglais royalty-free, qui désigne une absence de redevance par diffusion : vous payez une fois, vous n'êtes pas facturé à chaque vue. Ce que vous obtenez est une licence d'usage. Artlist le formule sans détour dans sa licence : « having a License means using, not owning ».

Trois conséquences pratiques :

  • La licence est non exclusive. D'autres monteurs utilisent les mêmes titres. Pour une marque qui veut une signature sonore reconnaissable, c'est une vraie limite.
  • La licence a un périmètre. Usage personnel ou travail client, nombre de chaînes, publicité payante, diffusion TV : tout cela est écrit, et le prix d'appel affiché correspond rarement au périmètre professionnel.
  • La licence ne couvre pas forcément les sociétés de gestion collective. C'est ce que « libre de droit » laisse croire à tort, et c'est le sujet traité plus bas. La licence Artlist l'exclut explicitement ; ailleurs, cela se lit contrat en main.

Les quatre régimes de droits, en un tableau

Toute musique que vous pouvez poser sur un montage relève de l'un de ces quatre cas. Ils n'ont ni le même coût, ni le même délai, ni la même couverture.

Régime
Musique sous droits (label, éditeur, répertoire SACEM)
Ce que vous obtenez
Une autorisation de synchronisation négociée au cas par cas
Ce que ça coûte
Pas de barème public, tarif négocié de gré à gré
Délai
Semaines à mois
Bon pour
Publicité à gros budget, clip, film
Régime
Abonnement à une banque (Artlist, Epidemic Sound, Musicbed, Uppbeat)
Ce que vous obtenez
Une licence contractuelle non exclusive, immédiate
Ce que ça coûte
Quelques centaines d'euros par an ; à titre de repère vérifié, la licence Artlist Pro couvrant le travail client est à 299 € par an au relevé du 10 août 2026
Délai
Immédiat
Bon pour
La quasi-totalité du travail de monteur
Régime
Creative Commons
Ce que vous obtenez
Une licence publique gratuite, avec des conditions à respecter
Ce que ça coûte
Gratuit
Délai
Immédiat
Bon pour
Projets non commerciaux, associatif, pédagogique
Régime
Domaine public
Ce que vous obtenez
Plus aucun droit d'auteur sur la composition
Ce que ça coûte
Gratuit
Délai
Immédiat
Bon pour
Musique classique, œuvres anciennes

La musique sous droits exige deux autorisations. Celle des ayants droit de la composition, via l'auteur, le compositeur, l'éditeur, généralement par la SACEM. Et celle des ayants droit de l'enregistrement, c'est-à-dire du producteur du master, en pratique le label. Deux négociations, deux factures : pour un mariage ou un film d'entreprise, c'est hors de portée. Le Code de la propriété intellectuelle ne prévoit d'ailleurs aucune « règle des trente secondes », et aucune disposition n'exonère un extrait court de l'autorisation des ayants droit.

Creative Commons regroupe six licences publiques distinctes. Deux clauses comptent pour un monteur. La clause NC (NonCommercial), que le texte de la licence CC BY-NC 4.0 définit ainsi : « NonCommercial means not primarily intended for or directed towards commercial advantage or monetary compensation ». Et la clause ND (NoDerivatives), que Creative Commons résume en autorisant la copie et la distribution du contenu « in unadapted form only ». Un montage qui recoupe un titre pour le caler sur ses images produit une version modifiée, donc une piste en BY-ND convient mal au montage rythmé. Dès que la vidéo sert une activité commerciale, les licences NC sortent du jeu. Restent en pratique CC BY et CC BY-SA, cette dernière imposant selon Creative Commons de placer le contenu modifié sous les mêmes conditions.

Le domaine public est la source la plus mal comprise. L'article L123-1 du Code de la propriété intellectuelle prévoit qu'au décès de l'auteur, le droit d'exploitation « persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent ». Passé ce délai, la composition est libre. L'enregistrement de cette composition, lui, reste protégé par les droits voisins des artistes-interprètes et du producteur : un concerto de Vivaldi joué par un orchestre en 2019 n'est pas libre. Le domaine public libère la partition, pas le disque. Pour en profiter, il faut soit un enregistrement lui aussi très ancien, soit un enregistrement dont l'interprète a explicitement libéré les droits.

Content ID : pourquoi une musique licenciée peut quand même être revendiquée

Vous avez payé votre abonnement, la licence couvre le travail client, vous publiez, et YouTube affiche une revendication de droits d'auteur. C'est le fonctionnement normal du système.

Content ID compare automatiquement chaque vidéo mise en ligne à une base d'empreintes déposées par des ayants droit. Une correspondance totale ou partielle déclenche une revendication, sans intervention humaine. Selon les règles définies par le titulaire, YouTube peut alors bloquer la vidéo, la monétiser au profit du revendiquant, ou simplement en suivre les statistiques, et ces règles s'appliquent pays par pays : une vidéo peut être monétisée en France et bloquée ailleurs. Point important, documenté par YouTube : une revendication Content ID ne crée pas d'avertissement pour atteinte aux droits d'auteur sur votre chaîne. Ce n'est pas un strike.

Pourquoi cela arrive sur une musique parfaitement licenciée ? Parce que le compositeur ou un distributeur a déposé l'empreinte du titre dans Content ID, souvent pour d'autres usages, et que le système ignore que vous détenez une licence.

La marche à suivre, dans cet ordre :

  1. Déclarez vos chaînes chez votre fournisseur avant de publier. Plusieurs banques de musique imposent une liste blanche où vous enregistrez vos chaînes et vos URL ; Artlist l'appelle le « clearlist ». C'est deux minutes, et c'est ce qui permet au fournisseur de faire lever la revendication, voire de l'éviter. Chez Artlist, la licence prévoit qu'à défaut de déclaration vous ne pourrez pas monétiser vos vidéos et que la monétisation perdue ne vous sera pas remboursée. Vérifiez la règle exacte chez votre propre fournisseur.
  2. Si la revendication est déjà là, contestez-la. YouTube cite comme motifs valables le fait de disposer de tous les droits nécessaires à l'utilisation du contenu, ou que l'utilisation relève d'une exception au droit d'auteur. Depuis YouTube Studio, onglet Contenu, filtre Revendications, puis Afficher les détails, Intervenir et Contester.
  3. Attendez. Le revendiquant dispose de 30 jours pour répondre. S'il rejette votre contestation, vous pouvez faire appel, et il a alors 7 jours pour répondre.
  4. Ne contestez jamais sans motif réel. YouTube indique explicitement que mentionner le titulaire des droits, détenir une copie de la vidéo ou du titre, ou choisir de ne pas monétiser ne sont pas des motifs valables. Si la contestation n'a pas de fondement valable, le titulaire peut demander la suppression de la vidéo, et YouTube précise qu'une demande de suppression valide vaut un avertissement pour atteinte aux droits d'auteur sur la chaîne. YouTube ajoute que des utilisations abusives ou répétées de la procédure peuvent entraîner des sanctions contre la vidéo ou la chaîne.

Dernier détail qui a son importance pour les formats courts. YouTube l'écrit ainsi : « Shorts de 1 à 3 minutes : les vidéos revendiquées sont bloquées si une revendication active est appliquée, quelle que soit la règle. » Autant sécuriser la déclaration avant de publier plutôt qu'après. (Documentation YouTube relevée en août 2026.)

Diffusion en ligne ou diffusion publique : là où la licence s'arrête

Une licence de banque vous autorise à intégrer la musique dans un montage et à diffuser ce montage en ligne. Elle ne se substitue pas nécessairement aux sociétés de gestion collective quand la vidéo est diffusée en public. Certains contrats l'excluent noir sur blanc, comme Artlist à sa section exécution publique : « Reproducing copies and performing the Projects in public is permitted. However, it does not cover payment of royalties to performance rights organizations (PROs) and other collecting societies. » Pour tout autre catalogue, la réponse se lit à la même section de sa propre licence.

En France, deux organismes perçoivent ces redevances. La SACEM collecte le droit d'auteur sur la composition et les paroles, pour les auteurs, compositeurs et éditeurs. La SPRé collecte la rémunération équitable sur l'enregistrement, pour les artistes-interprètes et les producteurs de phonogrammes. Elle décrit sa mission ainsi : elle « collecte la rémunération équitable destinée aux artistes-interprètes et aux producteurs phonographiques auprès de ceux qui diffusent de la musique enregistrée (phonogrammes du commerce) ».

Sa base légale est l'article L214-1 du Code de la propriété intellectuelle. Le principe tient en peu de mots. L'artiste-interprète et le producteur ne peuvent pas s'opposer à la communication directe d'un phonogramme publié à des fins de commerce « dans un lieu public, dès lors qu'il n'est pas utilisé dans un spectacle ». L'article vise aussi la radiodiffusion et la distribution par câble simultanée et intégrale. En contrepartie, ces utilisations « ouvrent droit à rémunération au profit des artistes-interprètes et des producteurs ». Cette rémunération est « répartie par moitié entre les artistes-interprètes et les producteurs de phonogrammes ».

En pratique, il n'y a le plus souvent qu'un seul interlocuteur. La SPRé indique avoir « donné mandat à la SACEM de collecter la rémunération équitable auprès de certaines catégories d'utilisateurs ». Pour les lieux sonorisés : « Pour ce type d'établissement, la SPRE a mandaté la SACEM pour facturer et percevoir en son nom la rémunération équitable. » Un hôtel, un magasin ou un hall d'accueil qui paie déjà sa redevance SACEM règle donc les deux en un seul geste. (Relevé sur spre.fr en août 2026.)

Traduit en cas concrets :

Contexte de diffusion
YouTube, Instagram, TikTok, LinkedIn
La licence de banque suffit-elle ?
Oui, si la licence couvre le travail client
Qui s'en occupe
Le monteur ou la chaîne, en respectant la déclaration de chaîne quand la banque en impose une
Contexte de diffusion
Site web du client, page produit, newsletter
La licence de banque suffit-elle ?
Oui
Qui s'en occupe
Le client
Contexte de diffusion
Projection en salle (mariage, séminaire, remise de prix)
La licence de banque suffit-elle ?
Non pour les droits de diffusion
Qui s'en occupe
Le lieu ou l'organisateur
Contexte de diffusion
Écran sur un stand de salon, boutique, hall d'accueil
La licence de banque suffit-elle ?
Non pour les droits de diffusion
Qui s'en occupe
L'établissement, généralement déjà sous contrat
Contexte de diffusion
Télévision, radio, cinéma
La licence de banque suffit-elle ?
Non
Qui s'en occupe
Le diffuseur

Le seul point qui se vérifie au cas par cas. Savoir si un titre issu d'un catalogue donné entre dans le répertoire de la SACEM ou dans l'assiette de la rémunération équitable dépend du contrat de ce catalogue avec ses compositeurs et du statut du phonogramme. Aucun article de blog, y compris celui-ci, ne peut l'affirmer à votre place. L'action utile : demandez à votre fournisseur une attestation écrite indiquant si son catalogue appartient au répertoire des sociétés de gestion collective, et conservez-la avec votre contrat.

Le détail contractuel est traité en entier dans notre avis sur Artlist, notre page de référence sur la question « une licence de banque couvre-t-elle la SACEM ».

Qui paie quoi entre le monteur et le client

La répartition saine tient en trois lignes.

Poste
Licence de la musique intégrée au montage
Qui paie
Le monteur, via son abonnement, ou le client s'il fournit la piste
Pourquoi
C'est un outil de production, au même titre que le logiciel de montage
Poste
Licence de synchronisation d'un titre connu
Qui paie
Le client
Pourquoi
C'est un choix éditorial à son bénéfice, avec un budget dédié
Poste
Redevances de diffusion publique (SACEM, SPRé)
Qui paie
Le diffuseur
Pourquoi
La redevance est due par celui qui diffuse, pas par celui qui monte

Le principe est simple à énoncer : le monteur vend un montage licencié pour une diffusion en ligne, pas un droit de diffusion publique. Il ne peut d'ailleurs pas le vendre, puisqu'il ne le détient pas.

Reste à l'écrire. Voici la clause que nous recommandons de faire figurer dans tout devis de montage comportant de la musique :

« La licence musicale couvre l'intégration au montage et sa diffusion en ligne. Les droits de diffusion publique restent à la charge du diffuseur. »

Une phrase, deux lignes dans un devis, et le sujet est cadré avant la livraison plutôt que six mois après. Dans la pratique, un diffuseur professionnel est souvent déjà en règle. La SPRé indique que la rémunération équitable est « principalement forfaitaire pour les lieux dits “sonorisés” » comme un hôtel, un magasin ou un établissement recevant du public, et « principalement proportionnelle aux recettes d'exploitation » pour les radios, les télévisions et les discothèques. Votre clause rappelle donc simplement au diffuseur une charge qui lui incombe déjà.

À l'inverse, la phrase à ne jamais prononcer est « ne vous inquiétez pas, les droits sont réglés ». Ils couvrent votre périmètre, et s'arrêtent là où commence le sien.

Ce qu'un monteur expérimenté apporte sur ce sujet

Transparence : cet article est publié par Le Cut, une marketplace de monteurs vidéo freelance. Nous ne vendons pas de musique et n'avons d'intérêt dans aucun des catalogues cités, mais nous ne sommes pas neutres pour autant : nous avons un intérêt direct à ce que vous délégiez votre montage. C'est pourquoi chaque affirmation juridique ci-dessus est attribuée à sa source et datée, et pourquoi nous préférons écrire « à vérifier au cas par cas » plutôt que d'inventer une certitude. Ce guide donne un cadre de lecture et ne constitue pas un conseil juridique : un doute sur un projet précis, un budget significatif ou un contrat en cours appelle l'avis d'un professionnel du droit.

Cela dit, l'arbitrage sur les licences musicales est un vrai marqueur d'expérience. Un monteur qui a livré cent vidéos sait trois choses qu'un débutant ignore : quel palier d'abonnement couvre réellement le travail client, comment déclarer une chaîne avant publication pour éviter la revendication Content ID, et où s'arrête sa responsabilité vis-à-vis du diffuseur. Il ne se contente pas de le savoir, il l'écrit dans son devis. C'est le signe le plus fiable d'un professionnel : chez lui, le sujet est cadré avant le projet.

Sur Le Cut, tous les profils sont des monteurs vidéo, et beaucoup gèrent ces questions au quotidien, que ce soit pour du montage YouTube, du film de mariage ou de la vidéo corporate. Vous les contactez en direct, et la marketplace ne prend aucune commission : le budget que vous consacrez au montage va au monteur.

FAQ

Quelle musique pour un montage vidéo ?

Pour un projet professionnel diffusé en ligne, prenez un abonnement à une banque de musique dont la licence mentionne explicitement le travail client : Artlist ou Epidemic Sound en formule Pro, Musicbed, ou Uppbeat en formule Pro. Pour un projet non commercial, une piste en Creative Commons BY ou BY-SA convient, en écartant les clauses NC et ND. Pour un titre connu, il faut une double autorisation, celle de la composition et celle de l'enregistrement, donc un budget dédié. Côté artistique, le tempo commande le rythme des coupes : choisissez la musique avant de monter.

Où trouver de la musique de montage vidéo gratuite ?

Sept sources gratuites vérifiées en août 2026 :

  • Pixabay Music : plus de 270 000 titres, usage commercial autorisé, aucune attribution exigée.
  • Bibliothèque audio YouTube : accessible dans YouTube Studio ; attribution requise sur les titres Creative Commons, non requise sur la licence maison.
  • Auboutdufil : catalogue francophone en Creative Commons, avec un pictogramme « Usage commercial » et un pictogramme « Crédits obligatoires » sur chaque fiche.
  • Free Music Archive : toutes les variantes Creative Commons, à lire piste par piste.
  • Jamendo : écoute gratuite en Creative Commons, l'usage commercial passant par Jamendo Licensing.
  • Mixkit : licence maison sans attribution obligatoire, hors CD, DVD, jeux vidéo et diffusion TV ou radio.
  • Incompetech : le catalogue de Kevin MacLeod, gratuit à condition de créditer le morceau.

Gratuit ne veut jamais dire sans condition : quand l'attribution est exigée, elle doit figurer dans la description de la vidéo.

Comment mettre de la musique sur un montage vidéo ?

Importez le fichier audio dans votre projet, placez-le sur une piste audio dédiée, puis calez son premier temps fort sur le plan que vous voulez mettre en avant. Montez ensuite vos coupes principales sur les temps de la musique, sans caler chaque plan sur chaque temps. Baissez nettement le niveau de la musique dès qu'une voix est présente, idéalement avec un fondu automatique déclenché par la parole. Terminez par un fondu de sortie propre plutôt qu'une coupure au milieu d'une mesure, et vérifiez le mixage au casque puis sur un petit haut-parleur.

Puis-je utiliser une musique connue dans ma vidéo ?

Pas sans autorisation, et il en faut deux : celle des ayants droit de la composition, généralement via la SACEM et l'éditeur, et celle du producteur de l'enregistrement, c'est-à-dire le label. Aucune durée n'échappe à cette règle : la prétendue tolérance de trente secondes n'existe pas. Sur YouTube et les réseaux sociaux, publier malgré tout expose à une revendication Content ID, qui peut bloquer la vidéo ou transférer sa monétisation à l'ayant droit. Pour un projet commercial, la voie réaliste reste une banque de musique ou une composition originale.

Une licence de banque de musique couvre-t-elle la SACEM ?

La réponse est contractuelle et se lit catalogue par catalogue : nous la traitons en entier, licence en main, dans notre avis sur Artlist.

Faut-il payer la SACEM pour projeter une vidéo lors d'un événement ?

La redevance incombe au diffuseur. Une salle, un hôtel, un centre de congrès ou un magasin est le plus souvent déjà sous contrat et paie une redevance forfaitaire couvrant sa sonorisation. Le bon réflexe pour un monteur est de ne jamais garantir que « les droits sont réglés » et d'écrire dans son devis que les droits de diffusion publique restent à la charge du diffuseur. Pour un cas précis, notamment un événement ponctuel dans un lieu non couvert, la vérification se fait auprès de la SACEM.

Sources utiles

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